lLe corsage montant de la robe sous le second empire

Le corsage montant

Vous avez souhaité que je vous donne des explications concernant la fabrication des corsages, je vais essayer.
Tout d'abord je vais vous donner celles d'un corsage montant dont je vous ai donné lillustration dans la page Planches de patrons

le corsage montant ( vu à plat)

Extrait du livre "Leçons de couture" de Mme Emmeline Raymond
1881


Je vous écris textuellement ce que je lis  dans ce livre  à la page 62 à 68 :

On coupe d'abord, en percaline, devant servir de doublure, tous les morceaux composant le patron du corsage; on plie cette percaline en deux, et on la fixe, aussi tendue que possible, avec des épingles, sur chaque patron représentant seulement la moitié du dos ou de la manche, etc..., le morceau se trouve coupé entier, puisque la percaline est prise double.
Pour tout corsage qui ouvre par devant, le dos est coupé entier d'un seul morceau, sans couture, et l'étoffe  est posée double, en droit fil, sur la ligne indiquant le milieu du dos.
En coupant chaque morceau d'un corsage, on laisse en plus, sur tous les contours, 2 centimètres d'étoffe ; cette mesure est indispensable pour assurer la solidité des coutures ; sur l'encolure et le bord inférieur cet excédant peut n'être que de 1 centimètre.

On coud d'abord les pinces de la poitrine, toujours marquées sur le patron, puis on fait dans le dos les quelques petits plis ou pinces qui pêuvent se trouver vers l'entournure. Au milieu du dos, on pose, depuis le bord inférieur, un morceau de ruban de fil, ayant 1 centimètre de largeur et 10 centimètre de longueur, cousu à points devant, puis on réunit tous les morceaux du corsage en assemblant les lettres pareilles (nous supposons naturellement que la démonstration actuelle a pour base l'un des patrons publiés par la Mode illustrée, et que l'on s'en sert pour suivre nos indications).


Ce premier assemblage ne se compose pas de coutures définitives ; il est fait à points devant, et a pour but principal de permettre que l'on essaye le corsage ; les points devant sont faits à l'endroit de l'étoffe afin de faciliter les changements que l'on jugera nécessaires ; il en est de même, sinon toujours, du moins très souvent, en ce qui concerne les pinces de la poitrine, principalement lorsqu'on emploie un patron pour la première fois, et que l'on n'est pas bien certaine de la position des pinces, qui constituent la principale condition à observer pour la grâce du corsage.

Disons en passant, à ce sujet, que les personnes dont l'embompoint est trop prononcé cèdent à une erreur qui leur est préjudiciable, quand elles croient s'amincir en portant des corsages trop étroits, et en faisant monter les pinces trop haut ;  c'est le contraire qui est la vérité, plus le corsage sera aisé, moins la taille paraîtra épaisse , et, si l'on évite les pinces conduites trop haut, on évitera du même coup l'aspect oppressé, engoncé, comme disent les couturières, qui est l'inévitable partage des personnes un peu grasses portant des corsages trop étroits.


En essayant le corsage, on marquera, avec une épingle, piquée horizontalement, la hauteur des pinces, soit qu'on veuille l'augmenter ou la diminuer ; on serre ou bien l'on élargit le corsage sur la couture qui se trouve sous le bras, puis on sépare entièrement les divers  morceaux composant le corsage, et on le recoud définitivement, suivant les modifications qui y ont été faites.

 On coud sous le bord de chaque devant une bande d'étoffe pareille à celle de la robe, ayant 4 centimètres de largeur ; on fait les boutonnières sur le devant de droite, on coud les boutons sur le devant de gauche, puis on coud les pinces, on fait toutes les coutures du corsage à points arrière.

 Après que tous les morceaux composant le corsage sont ainsi réunis, on rabat les remplis de toutes les coutures, et on les fixe à points devant, en ayant soin de de ne pas piquer l'aiguille dans l'étoffe, mais seulement dans la doublure du corsage. Avant de rabattre ces remplis, on a diminué la largeur de moitié environ, c'est-à-dire qu'on leur laisse seulement 1 centimètre de largeur. Entre la couture à points arrière qui réunit les divers morceaux du corsage et la couture à points devant qui rabat les remplis de chaque couture, on passe une baleine trouée à chaque bout, que l'on fixe solidement, on en fait autant pour chaque pince, c'est-à-dire que l'on y place une baleine.

Le dessin représentant le corsage à l'envers, non encore cousu sur l'épaule, indique la hauteur à laquelle les baleines doivent atteindre. On garnit l'encolure et le bord inférieur du corsage avec un passe-poil ou liseré ; ces deux mots ont la même signification, et désignent le même objet ; le passe-poil est fait, soit avec une bande de même étoffe que la robe, ayant 2 centimètres de largeur et coupée en biais, soit avec du taffetas de nuance tranchante ; on y renferme une ganse ronde en coton .

Nous allons voir la fabrication du corsage décolleté mais celui-ci n'est pas le corsage, à proprement parlé, mais un corsage qui se porte très souvent sous le corsage décolleté de la robe.

Mais que serait le corsage sans sa La jupe dont voici les explications.


Les tissus


A voir pour les passionnées de couture