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Les fêtes profanes du mariage

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Dans la grange, le repas va commencer. Dignes mais souriants, les mariés, encadrés des pères et mères, président à la table du fond. Devant eux, Grand Louis et Charlotte trônent en second et aux tables latérales, selon un protocole rigoureux, les oncles et tantes, cousins et cousines, amis et amies des deux familles prennent la place qui leur revient, automatiquement, sans la moindre discussion.

Une serveuse en tablier impeccable porte triomphalement une quenouille liée de rubans
blancs et la présente à la mariée. Celle-ci s'en saisit, toujours souriante, et fait tourner lentement le fuseau. Tout le monde applaudit bruyamment et ainsi coupe court à l'épreuve symbolique de bonne ménagère.

L'inaction est insupportable. En attendant "la soupe grasse" qui ne vient pas assez vite, la jeunesse impatient martèle de coups de poings les tables où le couvert vibre et saute dangeureusement. "Ah !..." d'une seule voix tout le monde accueille le potage fumant. Les cuillers vont et viennent, frappant les assiettes, et disparaissent tout entières, happées et léchées. Il n'est pire appétit que celui des "nociers". Heureusement, toute une théorie de plats de viande est prévue : le "bouilli" aux cornichons, la rouelle de veau, le rôti de boeuf, le gigot de mouton, le ragoût de poulet, le poulet rôti avec la salade. Point de légumes, bien sûr. Ce serait une impolitesse aux invités !...




Extrait de "COUTUMES, LEGENDES et RIMIAUX DES PAYS D'ANJOU
 de Félix Landreau

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