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Autour d'une naissance

La naissance

La femme "en espoir de famille" n'a pas le temps de "s'écouter"

Les champs, les bestiaux, les volailles, la cuisine, autant d'activités tyranniques qui, jusqu'au dernier moment, continuent à l'accaparer. Elle ne peut se résoudre "à se faire aider" et le "patron" ne l'y engage guère..."l'argent qu'on dépense point, c'est l'premier gagné". On n'a guère de souci que pour une chose : satisfaire les envies gastronomiques qui peuvent tracasser la future maman. Veut-elle manger des cerises, des fraises, un poulet, une perdrix ? Vite on s'empresse de les lui offrir. Vous ne savez donc point qu'une envie non contentée peut tacher la peau du bébé ! Et si par malheur cette tache se posait sur son visage... Vous en avez vu de ces taches de vin ou de fraises qui vous marquent une joue, un front, une paupière, plus ou moins largement ? Eh bien ! ce sont des "envies" !

Le moment venu, les voisins courent vite chercher la sage-femme. Pendant qu'elle prodigue ses soins, la grand-mère, le mari, la servante perdent plus ou moins la tête, ne trouvent pas les casseroles, bouleversent l'armoire, tardent à faire bouillir l'eau... tout est "à l'envers" dans la "belle chambre".

Ouf ! c'est fini ! ... Il faut maintenant songer à restaurer la jeune maman. Une bonne "roûtie" fume déjà dans un bol et la servante plume une poule dans la cour ; car le bouillon de poule est jugé comme indispensable "pour se remettre" en pareil cas.

Le père peut partir maintenant pour déclarer à la mairie la naissance du nouveau-né. Sa journée est sacrifiée, il en profite pour "arroser" un tel évènement avec tous les amis et connaissances. Dure journée, même pour un Angevin : Cependant, comment pourrait-on mieux manifester sa joie...

Quelques heurs plus tard, au pied d'un rosier du jardin, le père et la mère enterreront "le nombril" du nouveau-né. C'est indispensable si l'on veut avoir un beau bébé. S'il s'agit d'une fille il faut choisir un rosier blanc ; pour un garçon, autant que possible ce sera un rosier rouge.

Et sans se soucier trop d'exigences prescriptions de puériculture, la mère élèvera son enfant en lui sacrifiant tous les loisirs que ses travaux lui laisseront.

Au bout du champ, dans sa voiture, le poupon jasera ou criera. Qu'importe, "le travail commande" ! Et puis, le bon air supplée à tant de soins !...

Extrait de "COUTUMES, LEGENDES et RIMIAUX DES PAYS D'ANJOU"

de Félix Landreau

D'autres coutumes suivront...

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